La recherche d’autonomie technique avait conduit JujaLula à produire un spectacle tout acoustique (Hors micro, en 2017) et tout terrain. Être seule en scène permet à Juliette de poursuivre cette recherche sur le plan artistique : la formation minimale signifie une souplesse maximum, la possibilité d’audaces autres, un élargissement des espaces de l’improvisation et un abandon sans réserve aux chemins où qu’ils aillent.
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Juliette Taffin est réservée à la ville, et ne met tout sur la table que lorsqu’elle monte sur la scène. Dès lors, le large, c’est cet espace vital, d’exception, où les choses s’expriment, où ça communique, où il s’en passe chéri.e…
Son piano et sa voix pour cheminer en long et en large, sa trompette pour tracer des traverses, Juliette Taffin navigue à vue, dans le vert. Du grillon angoissé (Renard — Ravel), à la tortue dont la fête est gâchée par la bombe atomique (Blanche), du grand-père qui effraie ses petits-enfants dans la forêt (Leclerc) à la grand-mère isolée autant que débordée par le bois qu’il a fallu couper (Magny), de l’autrice qui s’enfuit au wagon bar (Taffin) au bagnard qui trépigne dans son île (de Ré, Ferré), en passant par des prés et de vrais rêves, on compatit et on rit. On passe par des trous, du terrier à la prison, on remonte à la surface de la terre, des champs d’amour aux chants d’amour… les anges nous poussent au large.
Ces chansons, ce spectacle, Juliette les a mûris plusieurs années ; c’est un paroles et musique, c’est un joué / chanté, c’est un écrit / improvisé. Ce sont également ses premières chansons en tant qu’autrice. C’est un piano voix, qui envoie.

